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16

Jan

La peste en Aquitaine

  • By isabelle

La peste des écrevisses présente en Aquitaine : un fléau majeur pour les écrevisses indigènes…

Une maladie transmise par les écrevisses américaines

Des populations entières d’écrevisses à pattes blanches peuvent être détruites par une maladie appelée “Peste de l’écrevisse”. Celle-ci est transmise par les écrevisses exotiques envahissantes originaires des Etats-Unis telles que l’écrevisse rouge des marais de Louisiane, l’écrevisse signal et l’écrevisse américaine. Le pathogène, responsable de la peste, est apparenté à la famille des champignons et peut se propager dans l’eau, sur les poissons, sur les plantes aquatiques mais aussi hors de l’eau en bordures de rivière et peut être transporté par les animaux sauvages qui viennent s’abreuver ainsi que par l’homme lorsqu’il se promène au bord de l’eau ou va pêcher. Excepté les écrevisses indigènes, aucune autre espèce, y compris l’homme ne peut être affecté par cette peste.

Une étude menée en Aquitaine pour connaître la localisation des foyers infectés

Une étude est menée depuis 2013 par l’ARFA en partenariat avec le laboratoire EBI de l’Université de Poitiers afin d’identifier les populations d’écrevisses exotiques ou indigènes porteuses de la peste. Le principe est simple, une vingtaine d’écrevisses doit être prélevée sur chaque cours d’eau et placée directement dans de l’éthanol puis envoyée à Poitiers pour des analyses. Les Fédérations de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique d’Aquitaine ont participé à l’échantillonnage des écrevisses ainsi que des acteurs locaux.

 74 populations d’écrevisses échantillonnées

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74 prélèvements ont été réalisés entre 2013 et 2016 sur des sites à enjeux pour l’écrevisse à pattes blanches (en raison de son observation récente ou historique) ainsi que sur des secteurs abritant d’importantes densités d’écrevisses exotiques susceptibles de coloniser d’autres territoires. De nombreux prélèvements ont été réalisés sur des populations d’écrevisses de Louisiane, essentiellement en Gironde grâce à un partenariat avec plusieurs syndicats de rivière et le Parc Naturel des Landes de Gascogne. Quelques populations d’écrevisses signal (PFL) ont été prélevées, ainsi que d’écrevisses américaines (OCL). Des cadavres d’écrevisses à pattes blanches (APP) ont été analysés pour mettre en évidence la cause de la mort.

Une importante contamination observée…

Il ressort que 62% des populations analysées sont infestées par la peste, plus de la moitié sont des populations girondines d’écrevisses de Louisiane souvent contaminées à plus de 50% mais les autres espèces sont également concernées. En Lot-et-Garonne, une mortalité d’écrevisses à pattes blanches a été causée par la peste tout comme dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

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Mais une répartition aléatoire des foyers infectés

Les résultats montrent que les populations fortement infestées peuvent être à proximité géographique de populations peu ou pas infectées. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cette hétérogénéité :

  • Sous-échantillonnage des populations

Le nombre d’individus nécessaires pour avoir des résultats d’analyses fiables sur une population est situé entre 9 et 15. Cependant plusieurs échantillonnages n’ont pas permis d’avoir un nombre suffisant d’écrevisses (liée aux méthodes de capture, aux conditions météo…). Dans certains cas, la peste a malgré tout été identifiée. Il faut garder à l’esprit que lorsque la peste n’est pas mise en évidence, ce n’est pas toujours parce qu’elle est absente.

  • Facteurs humains, biologiques et physico-chimiques

La présence des populations d’écrevisses exotiques est notamment liée à l’introduction (volontaire ou accidentelle) dans le milieu aquatique. Ainsi des individus contaminés peuvent être introduits à proximité de sites colonisés par des spécimens sains ou inversement des individus sains introduits à proximité de stations contaminées.

Les facteurs physico-chimiques peuvent également avoir un impact sur le développement et la reproduction du pathogène. Certaines souches de la peste se développent plus rapidement dans les eaux chaudes.

La variation de densité entre populations pourrait expliquer les variations du taux d’infestation entre les différentes populations observées. En effet, plus la densité est importante, plus le pathogène se développe.